mardi 19 novembre 2013

"La Malédiction de naître journaliste à Antananarivo " @Ndimby_A

"La Malédiction de naître fille"

http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/10/11/la-malediction-de-naitre-fille_3490030_3246.html

 L'Inde inaugure une banque pour les femmes

Le Monde.fr avec AFP | • Mis à jour le

Des Indiennes à l'inauguration de la banque publique Mahila Bank.
Le premier ministre indien a inauguré mardi 19 novembre la première banque publique pour les femmes, visant à renforcer leur sécurité et leur indépendance financière après une série de crimes sexuels qui ont ému le pays.
Manmohan Singh a inauguré la Bharatiya Mahila Bank (la banque indienne des femmes) dans le sud de Bombay, capitale financière du pays, au sein de l'une des sept agences désormais ouvertes.
Annoncée en février, cette banque accordera des prêts en particulier aux femmes, même si les hommes pourront aussi ouvrir un compte. Ce projet avait été dévoilé alors que l'Inde était sous le choc du viol en réunion d'une étudiante à New Delhi, morte de ses blessures.
En Inde, seulement 26 % des femmes détiennent un compte bancaire. "Une triste réalité", selon le premier ministre :
"Les femmes font face à une discrimination et des difficultés chez elles, à l'école, au travail et dans les lieux publics. Leur émancipation sociale, politique et économique reste un objectif lointain. La mise en place de la Bharatiya Mahila Bank est un petit pas".
BANQUES COOPÉRATIVES GÉRÉES PAR DES FEMMES
La nouvelle banque publique, dont le siège est à New Delhi, disposera de 25 agences d'ici à mars et est présidée par Usha Ananthasubramanian, ancienne dirigeante de la Punjab National Bank. Elle vise l'ouverture de 771 agences d'ici à sept ans.
Le ministre des finances a indiqué que 10 milliards de roupies, soit 120 millions d'euros, avaient été budgétés pour l'institution, dont le conseil d'administration est composé de 8 femmes. La banque emploie 86 personnes dans le pays, dont plus de 55 % sont des femmes, a indiqué un responsable du groupe, sous couvert d'anonymat.
Parallèlement à cette première banque publique, il existe déjà en Inde des banques au statut coopératif, gérées par des femmes et visant une clientèle féminine, telle que la "Mann Deshi Mahila Sahakari Bank" dans l'Etat du Maharashtra, dans l'ouest du pays. Cette banque, fondée en 1997, revendique plus de 185 000 clients.

inaugure une banque pour les femmes

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Elisabeth Badinter Prostitution : "L’Etat n’a pas à légiférer sur l’activité sexuelle des individus"punir les clients serait "une déclaration de haine à la sexualité masculine".Gaëlle DupontLeMonde 19nov.

Elisabeth Badinter.

Prostitution : "L’Etat n’a pas à légiférer sur l’activité sexuelle des individus"Entretien34


Pour la philosophe féministe Elisabeth Badinter, punir les clients serait "une déclaration de haine à la sexualité masculine".
Prostitution : "L’Etat n’a pas à légiférer sur l’activité sexuelle des individus"
Le Monde.fr | • Mis à jour le | Propos recueillis par
Elisabeth Badinter.
Elisabeth Badinter, 69 ans, est philosophe. Elle a souvent pris des positions à contre-courant sur les grands sujets de débats parmi les féministes: opposée à la loi sur la parité en 2000, elle est favorable à la grossesse pour autrui sous certaines conditions. Dans son dernier ouvrage, Le Conflit: la femme et la mère (Flammarion, 2010), elle dénonçait le retour du naturalisme et de la culpabilisation des mères.
Qu'avez-vous pensé de l'appel des "343 salauds", qui s'opposent à la pénalisation des clients de prostituées au nom du respect de la liberté?C'était une intervention nécessaire, car je suis frappée du silence des hommes dans ce débat. Deux catégories d'individus ne s'expriment pas: les hommes, prochaines cibles de la loi, et les prostituées. La forme était contestable. Mais je n'ai pas de critiques sur le fond.
Pourquoi êtes-vous défavorable à la pénalisation des clients de prostituées?La pénalisation, c'est la prohibition. Je préfère parler de prohibition plutôt que d'abolitionnisme, car c'est l'objectif des auteurs de la proposition de loi. Ils font référence à l'abolition de l'esclavage ! La vente d'un individu n'est pas comparable à la prostitution, qui est une mise à disposition de son corps à des fins sexuelles, que l'on peut accepter ou refuser dès lors que l'on n'est pas prisonnière d'un réseau. Leur argument est qu'il faut tarir la demande pour qu'il n'y ait plus d'offre. Je n'arrive pas à trouver normal qu'on autorise les femmes à se prostituer, mais qu'on interdise aux hommes de faire appel à elles. Ce n'est pas cohérent et c'est injuste.
La deuxième raison de mon opposition est que l'on prétend qu'il n'y a que la prostitution esclavagiste, dominée par les réseaux, où les femmes n'ont pas moyen de dire non. Mais il y a aussi des indépendantes et les occasionnelles, qui veulent un complément de ressources. Leur interdire de faire ce qu'elles veulent avec leur corps serait revenir sur un acquis du féminisme qui est la lutte pour la libre disposition de son corps. Même si c'est une minorité de femmes. Ce n'est pas une affaire de quantité mais de principe.
Pourquoi, selon vous, les hommes sont-ils une "cible" de cette loi?Je ressens cette volonté de punir les clients comme une déclaration de haine à la sexualité masculine. Il y a une tentative d'aligner la sexualité masculine sur la sexualité féminine, même si celle-ci est en train de changer. Ces femmes qui veulent pénaliser le pénis décrivent la sexualité masculine comme dominatrice et violente. Elles ont une vision stéréotypée très négative et moralisante que je récuse.
Peut-on parler de choix lorsqu'on est dans une stratégie de survie?
Toutes les femmes qui ont besoin d'argent ne se prostituent pas pour survivre! Pour les victimes des réseaux, on ne peut plus parler de choix car il est quasiment impossible de revenir en arrière. La lutte contre l'esclavage des femmes doit donc être sans merci. Pour lutter contre les réseaux, il faut une condition sine qua non: que les prostituées puissent dénoncer leurs proxénètes à la justice sans craindre pour leur vie. Elles doivent être assurées de leur sécurité, d'avoir des papiers, et d'être aidée. La loi contient des dispositions en ce sens, mais qui me paraissent vagues. Quel est le budget? Comment le prévoir quand on ne connaît même pas le nombre de prostituées? Est-ce que la lutte contre les réseaux sera une priorité pour la police? Je n'ai pas le sentiment que cela soit le cas.
Vous acceptez que des femmes se livrent à un travail très pénible, avec parfois des séquelles psychologiques lourdes?
Je n'ai jamais pensé que la dignité d'une femme reposait sur la sexualité. Je suis favorable à la pédagogie sur la prostitution et les séquelles qui peuvent en résulter. Mais toutes les femmes n'ont pas le même rapport à leur corps. Dans certaines conditions, la prostitution est difficile à vivre, mais il y a des femmes pour lesquelles ce n'est pas aussi destructeur qu'on le dit. Je regrette qu'on n'entende pas davantage les prostituées. Elles seules sont habilitées à parler. Mais quand l'une affirme: "Je le fais librement", on dit qu'elle ment et qu'elle couvre son proxénète. Ce sont les seuls êtres humains qui n'ont pas le droit à la parole.
Quelles seront les conséquences de la loi selon vous? Est-ce qu'elle va mettre fin à la prostitution?Bien sûr que non. Je ne connais aucune prohibition qui fonctionne. Elle démultiplie le pouvoir des mafieux. Les prostituées disent qu'elles ont besoin de parler avec le client pour savoir qui il est. Elles apprennent à détecter les pervers. Dans la négociation, la prostituée peut dire ce qu'elle fait ou ne fait pas. Je suis inquiète pour celles qui vont passer par Internet: elles n'auront plus la possibilité de faire cet examen. Une loi qui veut venir au secours des plus faibles va en fait multiplier les dangers. D'ailleurs, la Norvège veut revenir sur la prohibition décidée en 2009.
L'Etat ne doit-il pas dire ce qui est acceptable ou non, comme lorsqu'il interdit la vente d'organes ou fixe un salaire minimum?La vente d'organes est une mutilation définitive, le salaire minimum permet de lutter contre la misère. Ce n'est pas comparable. Sous prétexte de lutter contre les réseaux, c'est la prostitution qu'on veut anéantir. L'Etat n'a pas à légiférer sur l'activité sexuelle des individus, à dire ce qui est bien ou mal. Où commence et où finit la prostitution? Combien de femmes ou d'hommes sont en couple pour l'argent? Personne ne songe à aller y voir. On ne parle jamais de la prostitution masculine. Il y a aussi une misère sexuelle féminine et des femmes qui font appel à des prostitués. Il n'est plus alors question de domination masculine dénoncée par les auteurs de la loi.
La prostitution est-elle nécessaire pour l'assouvissement de certains besoins sexuels, faut-il en faire un métier comme un autre?Oui, et c'est pour cela qu'on ne pourra pas l'éradiquer. Sur la légalisation, il faut être prudent. On voit qu'en Allemagne, les choses dérapent, les mafieux profitent de la reconnaissance de la prostitution. Il faut donc en faire une activité sécurisée, donner aux prostituées les droits qu'elles réclament, comme celui de s'associer ou de louer un studio. Je voudrais tellement qu'on arrête de traiter les prostituées comme des rebuts de l'humanité. Un certain discours bien-pensant ne peut que les enfoncer davantage dans l'humiliation.
Gaëlle Dupont
Journaliste au Monde

vendredi 27 septembre 2013

Rosita Boisseau Vogue à l'âme

28 septembre 2013

Vogue à l'âme


Au festival Berlin Voguing Out, en août 2012.
JÖRG CARSTENSEN/DPA/CORBIS
Costumes extravagants, maquillages outranciers, énergie à revendre : les danseurs de voguing parodient les poses des mannequins. Un phénomène à l'affiche du Centre Pompidou, à Paris

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LE VOGUING AU CENTRE POMPIDOU
- Antigone Sr/Twenty Looks or Paris Is Burning at the Judson Church, de Trajal Harrell. Samedi 28 septembre, à 20 h 30. De 14 € à 18 €.
- The Fire Flies, Francesca, Baltimore, documentaire américain de Frédéric Nauczyciel (43 min). Suivi du solo Control-Unlimited Natural Tender, avec Dale Blackheart. Mercredi 2 octobre, à 20 h 30. De 10 € à 14 €. Centre Pompidou, Paris 4e. Tél. : 01-44-33-79-13.
www.centrepompidou.fr
Longues tresses, visage transparent, sourire tendrement narquois, Lionel Dita Mamita est beau jusqu'au bout de ses ongles nacrés violets et le sait. Il sait aussi combien sa grâce ambiguë, très féminine, attire. Il s'en amuse avec délicatesse. D'origine guadeloupéenne, Lionel est postier dans le 14e arrondissement de Paris. Le reste du temps, Dita Mamita, alias Diva Ivy, " vogue ". Il appartient à la toute jeune communauté française de voguing - une cinquantaine de personnes environ -, apparue en banlieue parisienne depuis deux ans.
Ce phénomène, né dans les quartiers noirs de New York dans les années 1960, encore souterrain en France, connaît un retour en force depuis cinq ans. Dans les boîtes de nuit. Dans les bacs à compilations musicales. Dans les théâtres. Le Centre Pompidou, à Paris, fait même son affiche de la rentrée avec ce mouvement minoritaire et underground. " Parce qu'il a influencé aussi bien la culture R'n'b, l'esthétique clip que certains jeunes chorégraphes contemporains comme Trajal Harrell ou François Chaignaud, explique Serge Laurent, programmateur des spectacles vivants au Centre Pompidou. Faire connaître l'histoire de cette culture me semble très important aujourd'hui
Rosita Boisseau
© Le Monde

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